COMMUNIQUÉ NATIONAL DES ORGANISATIONS

CFDT, CFTC, CGT, FSU, Solidaires, UNSA

La mobilisation sur les retraites entre dans une phase décisive

Les mobilisations et le soutien de la population ont contraint le gouvernement à annoncer hier quelques mesures ciblées et limitées. Dans le même temps, il accélère le processus par  un vote anticipé des articles 5 et 6 de la loi portant sur les mesures d’âges.

Ces annonces ne sont pas de nature à modifier le caractère injuste et inefficace de la loi sur les retraites dénoncé par une large majorité des salariés et toutes les organisations syndicales.

Le gouvernement diffuse des contrevérités concernant la pénibilité du travail, le financement de nos retraites, la justice de la réforme, l’amélioration du sort des femmes…

Après avoir refusé le dialogue avec les organisations syndicales, être passé en force à l’Assemblée Nationale, il contraint et précipite le débat au Sénat. Il espère désamorcer le processus de mobilisation qui s’amplifie.

La détermination des organisations syndicales à agir contre cette réforme injuste reste intacte.

Les organisations syndicales réaffirment leur ferme attachement à la retraite à 60 ans et à la possibilité de partir à 65 ans avec une retraite à taux plein.

Elles exigent la tenue d’un véritable débat pour la prise en compte d’alternatives permettant de garantir l’avenir de notre système de retraite par répartition.

Une autre réforme juste et efficace est possible.

Le 12 octobre s’annonce comme une journée de grèves et manifestations de très grande ampleur comme en témoignent les multiples appels unitaires dans les secteurs professionnels et les départements.

C’est pourquoi les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGT, FSU, Solidaires, UNSA vont mettre à profit les prochains jours pour élargir et amplifier la mobilisation de toutes et tous pour qu’elle soit déterminante. Elles appellent leurs organisations à prendre ensemble des initiatives dans les territoires, les entreprises et les administrations. La tenue d’assemblées générales et l’organisation de consultations unitaires des salariés sur leur lieu de travail pourront permettre de définir démocratiquement le rythme, les formes et les suites de l’action.

Les organisations syndicales décident d’ores et déjà d’un nouveau rendez-vous de manifestations permettant la convergence des mobilisations interprofessionnelles et inter générationnelles le samedi 16 octobre 2010.

Elles se reverront le 14 octobre pour évaluer à nouveau la situation et envisager les suites.

8 octobre 2010

12 octobre : rendez-vous déterminant ! Amplifions l’action !

Le 12 octobre, doit être massif.

Oui, ensemble, c’est possible de gagner !

7, 23 septembre, 2 octobre : des millions de manifestants ont mis en difficulté le gouvernement dans sa stratégie de passage de sa réforme en catimini.

Le gouvernement a perdu la bataille de conviction. Mais son attitude intransigeante confine au mépris des millions de Français qui réclament des réponses justes et équitables en matière de retraites mais aussi d’emploi et de pouvoir d’achat.

Au risque d’une grave crise sociale, le gouvernement doit très vite entendre ce refus massif, retirer son projet, prendre le temps d’un nécessaire débat sur cette question de société et ouvrir des négociations pour une autre réforme des retraites juste et solidaire.

Oui, la réforme est injuste : ce sont les salariés et les retraités qui la financent à hauteur de 85%.

Oui, cette réforme est inégalitaire car elle va pénaliser encore plus les salariés qui ont eu des carrières chaotiques et particulièrement les femmes. Et en voulant faire travailler 2 années de plus les seniors, c’est près d’un million d’emplois en moins pour les jeunes, en formation et sans emploi, avec la perspective de petites retraites.

Non, cette réforme ne garantit pas l’équilibre financier à terme du système de retraite par répartition. Elle incite à des solutions d’épargne individuelle.

Moins de retraite, moins d’effectifs, moins de moyens…il faut arrêter de couper dans le service public !

Oui, cette réforme est particulièrement inacceptable pour tous les agents de la Fonction publique.

En plus des mesures d’âges communes à tous les salariés, ils se voient baisser leurs salaires, réduire l’accès au minimum garanti, supprimer la CPA, exclus des discussions sur la pénibilité…

Face à la contestation, le président est contraint d’annoncer une nouvelle concession, concernant les parents ayant arrêté leur activité au moins un an. Cette mesure est transitoire et fort limitée.

Le compte n’y est vraiment pas !

Chaque injustice invalide le projet de réforme que le Sénat ne doit pas voter.

Le contexte est très lourd dans la Fonction publique avec les suppressions massives d’emplois et le gel des salaires…La cour des comptes se permet même de dire que ce gel « jusqu’à fin 2013 semble techniquement nécessaire » ignorant ainsi la réalité de l’apport de la Fonction publique à la société et à l’économie.

Elle rend les services publics responsables des déficits et fait des fonctionnaires les boucs émissaires de la crise. Non, les fonctionnaires ne sont pas responsables des déficits. C’est le gouvernement qui a vidé les caisses au profit de quelques uns !

Les fonctionnaires participent à la création des richesses du pays et n’ont pas à payer la crise !

La FSU appelle tous les personnels à organiser des réunions et assemblées générales pour débattre des modalités unitaires et massives de poursuite de l’action, en envisageant toutes les possibilités, avec l’objectif d’étendre et généraliser les grèves et manifestations après le 12 octobre afin de faire reculer le gouvernement.

Elle proposera également, dès demain à la réunion intersyndicale, de nouvelles échéances nationales d’action très rapidement après le 12.

La FSU prend en ce sens les dispositions nécessaires et a déposé un préavis de grève.

La FSU appelle tous les agents de la Fonction publique à se mettre en grève le 12 Octobre, à débattre dans les assemblées générales et à participer en nombre aux manifestations.

Amputer les salaires des fonctionnaires au nom de l’équité !

Une journée de salaire par mois en moins! Ce serait le résultat de l’augmentation du taux de cotisations des agents publics que le gouvernement semble décidé à proposer au nom de « l’équité entre les salariés ». Un prétexte en fait pour diminuer les salaires des fonctionnaires… C’est aussi ignorer la spécificité du système de fonctionnement des retraites des fonctionnaires et, sans discussion globale sur le financement des retraites, c’est faire porter l’effort aux seuls salariés.

La FSU juge inacceptable cette mesure si elle devait se confirmer.

Alors que depuis des semaines, la FSU demande une réelle discussion sur les intentions du gouvernement en matière d’harmonisation entre le public et le privé (engagement prévu dans le document d’orientation du gouvernement), le gouvernement continue de privilégier les ballons d’essai par voie de  presse ! Mais le flou est savamment entretenu et la volonté de détourner l’attention de la réalité des dégradations programmées pour tous les salariés est bien réelle. D’ailleurs aucun bilan n’est fait de la réforme de  2003 qui programme une baisse du niveau de pension des fonctionnaires d’en moyenne 20 % !

Cette annonce, si elle devait se concrétiser, n’améliorerait en rien la situation des salariés du privé. Faut-il redire que pour viser des objectifs communs, une indispensable équité entre tous les salariés, il faut parfois passer par des modalités différentes correspondant à la réalité de chacun des secteurs ? Comme l’ont rappelé les travaux du COR « une comparaison directe des taux de cotisation n’est pas pertinente ».

La FSU rappellera fermement ses positions pour assurer à 60 ans une  retraite de haut niveau à tous les fonctionnaires et agents publics lors de sa prochaine audience, jeudi prochain, auprès du cabinet .

Elle entend que, lors de cette nouvelle rencontre, la discussion porte sur les intentions réelles du gouvernement.

Elle appelle les personnels à faire du 24 juin une journée forte de mobilisation.

Seule leur intervention massive permettra d’empêcher les remises en cause sur les retraites, en particulier celle du Code des pensions, et d’améliorer la situation de l’emploi et des salaires.